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Actualité

 

  • Guinée : Toujours le Brouillard

       

    Peuple de Guinée ! Quand verras-tu donc la fin du brouillard entretenu sciemment sur ton pays par ceux que tu as coutume d'appeler tes dirigeants politiques? Quand donc ton chemin sur la voie du progrès des Nations s'éclaircira? Quand enfin pourras-tu te considérer comme les autres ? En disant les autres, tu devines bien que je peux parler des autres Peuples, des autres Nations qui ont délibérément rejeté les combinaisons de petitesse quelle que soit leur taille géographique et humaine et qui ont refusé la médiocrité dans laquelle dans laquelle tes dirigeants semblent se complaire. Et pourtant, j'avais imaginé dans ma jeunesse, avec d'autres guinéens de ma génération , sans chauvinisme ni forfanterie de notre part que notre Guinée était douée de grandes qualités pour la grande aventure humaine.

    Hélas! à considérer les hommes du pouvoir depuis que la Guinée est devenue République de Guinée, les Guinéens n'ont vécu que dans le brouillard, dans diverses formes de brouillards à tel point que ceux-ci ont secrété une forme de culture politique stérile. Le mysticisme politique qui en a résulté , fait de celui qui arrive au pouvoir un envoyé de Dieu. Et ceux qui ont été Présidents , jusqu' à aujourd'hui, ont été convaincus de cela d'autant plus que des légions de marabouts, de féticheurs et autres voyants avides de jouissance matérielle, ont seriné quotidiennement à leurs oreilles cet aspect de leur personnalité.

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  • Tractations politicardes à la guinéenne

     

         

    La lutte acharnée que mènent les vaillants combattants pour la liberté et la démocratie en Guinée, connaît ces derniers temps, des rebondissements et desrevirements de situations, qui ont de quoi faire battre de chamade, les cœurs fébriles et meurtris, en ce sens que la confusion autour de l’orientation politique actuelle, est perçue à juste titre, comme un stratagème finement élaboré, en vue de la confiscation au nez et à la barbe de tous, du pouvoir par la junte militaire.

    D’engagements formels de respect du chronogramme initialement concocté par les forces vives, le Président Dadis prétend finalement, adhérer à la proposition de report des élections pour 2010 faite par le comité ad hoc, commission qu’il a préalablement instituée, pour tabler sur les causes de blocage du processus de transition, afin qu’elle fasse des propositions concrètes, à même de décrisper la situation d’impasse dans laquelle était sciemment plongé le pays, de par l’incohérence manifeste, des prises de décisions fantaisistes au sommet de l’Etat.

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  • Guinée : la deuxième République joue les prolongations

     

    A l’occasion d’un coup d’état perpétré le 23 décembre 2008, le CNDD prit le destin de la République pour amorcer une nouvelle ère à travers la conduite de l’état. Un état amorphe dans lequel baignaient les dernières années de règne du général Lansana Conté. Après que ce dernier ait rendu l’âme, les changements qui allaient survenir feront penser à une rupture. Un renouveau conduit par le jeune capitaine dynamique Moussa Dadis Camara. L’absence de présidence de Lansana Conté laisse donc place à l’hyper-présidence de Moussa Dadis. Bien qu’incompétent, ce putschiste voulait s’attaquer au mal qui a rongé la maison Guinée depuis plus de cinquante ans. Militaire de son état, il était présent sur tous les fronts avec une volonté farouchement ardente d’assainir le pays tout en promettant de faire la lumière sur les crimes économiques des années passées afin que l’impunité (sur le plan économique) ne soit plus un vain mot en Guinée. Cependant l’on est tenté de croire que le chef de la junte a égaré en chemin la feuille de route que lui et son CNDD s’était appropriée en voulant remettre le pays sur les rails.

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  • DE HEROS A NERON

     

     

    En Guinée, le fait est connu, mais son rappel est utile! C’est auréolé de ce qu’il est convenu d’appeler, sans ironie ni cynisme, l’exploit militaire guinéen du 23 Décembre 2008, que le Chef du CNDD, le capitaine Moussa Dadis Camara, a confisqué le pouvoir dans son pays. Avant même que ne fût consommé le fameux putsch, le jeune Capitaine fut ferme.  Le but de l’opération militaire auquel il a pris part, est d’instituer et de présider une transition souple dans un délai raisonnable, qui verra la machinerie démocratique, moteur et le promoteur du développement durable, de la paix et de l’unité nationale, déclenchée en Guinée. Les termes de références de ladite transition sont alors nobles et confondants et ne tardent pas à rallier les forces vives du pays, qui participent effectivement et de commun accord, au projet d’élaboration et de définition des dispositions devant servir de cadre juridique, pour les prochaines échéances électorale. Jusque là encore, personne ne se démarquait de l’engouement irrésistible qui prévalait dans le pays. Le commun des guinéens s’était laissé emporter par le tourbillon festif de « la révolution Dadisienne ». A vrai dire, les propos du nouvel homme fort étaient assez louables, même si on ne pouvait en dire autant de son profil, fait d’un léger  bagage intellectuel.

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  • VÉRITÉ HISTORIQUE : UN FAIT, DEUX POINTS DE VUE

    En cette période de vacances, au fil de mes lectures, deux livres ont particulièrement retenu mon attention en raison d'une part de leur résonance dans la mémoire collective des Guinéens, d'autre part de la sensibilité des sujets abordés par rapport à l’histoire récente de notre pays, à savoir le camp BOIRO : les acteurs, les faits, le contexte.

    Ces deux livres sont "Autopsie  d’un pamphlet"  de M.Sidiki  Kobélé-Keïta (Anibwé, Paris, 2009) et "Camp Boiro. Parler ou périr " de M.Alsény Réné Gomez (L’Harmattan, 2007)

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  • Le wadisme est-il contagieux

     

    « Aboyer, solliciter au mal, tout cela est 
    dans les moyens du diable ;  mais il ne peut 
    mordre que qui veut être mordu »
    Saint AUGUSTIN

    Louange à Abdoulaye Wade ! Il n’y en avait ce dimanche que pour l’homme « exceptionnel », le « patriarche » sans qui l’Afrique serait perdue. Même Soumaoro Kanté et Samory Touré passent pour des nains, à côté du Descartes de Kébémer. Quand le père de la « Wade-formula » est là, le capitaine dictateur qui règne sur la Guinée, prononce les sentences en direct, envoie ses ennemis potentiels en prison, perd tous ses galons. Moussa Dadis Camara devient un « fils » aux ordres et oublie qu’il y a quelques semaines, il menaçait de bombarder la Casamance et la Guinée Bissau. Alors quelle bêtise aurait commise le fils, si le père n’était pas là ! « Le Père n'a pas  abandonné son fils... voilà, il est là... Quand je suis avec le Président Wade, je ne suis pas Président, je suis un fils », s’est-il repenti, comme un enfant battu. Abdoulaye Wade a même été, le temps d’un dimanche, chef suprême des Armées de Guinée, puisqu’il a « élevé » au rang de commandant le capitaine Thiegokho Camara, le même qui combat les « narcaux » à la frontière. Le ciel de Conakry en était attendri, le Konkouré au bord des larmes. Chaque aveu du capitaine Dadis était accompagné d’une série de massacres de la langue de Molière, entre des « certains en ont zen profité » et des qu’ils « chachent ». Les « narcaux » bien-sûr ! 
    Pendant la durée de cet exercice cruel, j’ai souffert pour le peuple de Guinée. 50 années d’entêtement idéologique et de dictature militaire ont eu raison des ambitions de Boubacar Telli Diallo. Sékou Touré et Lansana Conté ont crétinisé les Guinéens, en coupant systématiquement tout ce qui s’élevait en intelligence. Moussa Dadis Camara est en train de les ridiculiser.
    Il y a pourtant, dans ce pays au sous-sol si riche, une classe politique et une société civile de qualité. Il y a chez ce peuple qui s’offre si facilement à la moquerie et à la dérision, de brillants fonctionnaires internationaux, des énarques et des polytechniciens dignes de respect. Il y a aussi parmi son élite militaire, des saint-cyriens et des diplômés de West-Point qui auraient donné meilleure réputation à la Guinée. Ils étaient couverts de honte quand leur ancien président Lansana Conté, un ancien du Prytanée militaire, donnait l’image d’un fumeur de Camelia et d’un adepte de la pornographie. Personne ne peut dire comment, après avoir été instruite à cette ignoble dictature, la société civile guinéenne s’est laissé mener par ce capitaine sans éducation. 
    Les Guinéens ne dorment plus que d’un œil et se demandent toujours, le soir tombé, de quel Dadis comédie sera faite. Un jour il tance un Directeur général, un autre il envoie à la retraite anticipée un haut fonctionnaire. Tous ceux qui s’assoient autour de sa table de verre pour écouter ce militaire « philosopher » contiennent mal leur rire. C’est un mélange de Samuel Doe et de Lansana Conté qui veut se prendre pour un Sankara. On trouve dans sa phraséologie très pauvre, des termes galvaudés du genre « c’est la politique, c’est le ma- « thia »-vélisme, c’est le « barre peuple ». Il venait de signifier à un ancien directeur de société qu’il aurait pu l’arrêter pour trafic de drogue. Un entrepreneur russe a été moins chanceux. Pour avoir interrompu « le président du CNDD » au cours d’une audience télévisée, Patchenko a été accusé d’escroquerie internationale et de « mafiosi ». S’en est suivie une série d’engueulades auxquelles l’usineur russe répondait par des « excusez-moi monsieur le président ». Un grand mur noir veillait sur le justicier de Conakry, AK 47 à la main. Un autre jour, c’est au corps diplomatique qu’il donne des cours de relations internationales, en lui apprenant que la France a perdu « les investissements qui ont été faites » (sic) en Côte-d’Ivoire, parce que « les mentalités n’étaient pas préparées ». « Peau blanche, vous ne pouvez plus vous soustraire de la peau noire », conclut péniblement le « professeur Camara », avant de passer à « Christophe Colomb ». Les images sont encore plus saisissantes. Au bout de chaque salve terminologique, le petit bout d’homme décolle ses pieds comme s’il voulait s’arracher du sol.
     
    Tout ceci prête bien à la moquerie. Mais quand vous enlevez à Dadis Camara son côté folklorique, vous avez Abdoulaye Wade en plus jeune. Pensez à l’expulsion musclée de Sophie Malibeaux, aux accusations sans lendemain contre des leaders de l’opposition, aux menaces contre Ousmane Tanor Dieng, au projet Tabanani, aux Tgv. Imaginez en plein sommet du G8, un homme s’élever le plus sérieusement du monde et préconiser que les pays développés adoptent sa propre formule, la « Wade-formula » pour résoudre la crise mondiale, alors que son pays n’arrive pas à payer sa dette intérieure ! Nous aurions crié à la démence. Si Coumba Yala ou Yaya Jammeh l’avaient fait, on se serait moqué. Si dans un de ces pays, le président de la République avait décidé d’enregistrer un ouvrage financé avec les deniers de l’Etat à son nom propre, nous aurions crié au scandale. Si, par-dessus tout, un dirigeant de ces pays avait confisqué des terres de pauvres paysans pour les distribuer aux membres de son gouvernement, nous les aurions incités à la révolte contre « le dictateur ». 
    Imaginez dans ces mêmes pays, un chef d’Etat qui se réveille, décrète qu’il n’accorde pas à la presse l’aide votée par l’Assemblée nationale, sous le prétexte qu’elle l’attaque. Nous les aurions appelés, nous autres sénégalais berceau de la démocratie africaine, à la résistance. Que nous serions-nous indignés si le fils d’un de ces présidents gérait des centaines de milliards de francs et se refusait à tout audit indépendant ! C’est ce que nous sommes pourtant devenus, chers compatriotes. La risée du monde entier, sujets aux remarques les plus humiliantes des chefs d’Etat du monde entier.
    Si les putschistes viennent sans cachoterie apprendre à l’école de Wade, c’est qu’ils y trouvent réponse à leurs préoccupations. Le consentement unanime qu’ils obtiennent par la menace, Abdoulaye Wade l’obtient par la corruption. Le pouvoir qu’ils conservent par les armes, Abdoulaye Wade se le procure par la fraude électronique. Je me suis demandé, en voyant la configuration du nouveau Conseil économique et social, comment en étant wadophobe, on passait à la wadophilie sans prévenir. 
    Il est étonnant de voir à quelle vitesse les plus radicaux succombent à cette maladie incurable. Le président de la République vient de mettre en place son Conseil économique et social, en plaçant à sa tête Ousmane Masseck Ndiaye, l’ancien directeur de l’approvisionnement et des marchés de la Poste, où 17 milliards avaient été détournés. Au lieu de s’en émouvoir et de dénoncer la création de cette institution inutile, les « syndiqués » se battent pour des postes. Chez les avocats, les architectes, les entrepreneurs, les journalistes, on fait du bruit pour servir et crie à la « trahison » quand on n’est pas choisi. La wadophilie se propage comme une épidémie et n’épargne plus personne. Elle s’attrape au contact de l’argent et des promesses. Ceux qui en sont affectés ne tarissent pas d’éloges pour Wade. Son bonheur devient plus important que leur propre bonheur, sa famille plus importante que leur propre famille. Quand ils le quittent le jour, il entre dans leurs rêves la nuit. Il leur fait miroiter des ministères, des directions et des sommes d’argent pour finir leurs vieux jours. De sorte que d’une simple affection cutanée, le wadisme s’attaque maintenant au cerveau.

    Source: seneweb

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  • On se lasse de ne parler que de la même rengaine

    Il est aujourd’hui plus que déplorable, de constater que la gestion de la transition par la junte militaire, est en passe de nous conduire si on y prend garde, vers une situation de crise encore plus profonde, que celle qu’elle était sensée résoudre à son arrivée au pouvoir.

    En effet, le manque criard de volonté politique, exprimant le souhait populaire de création de conditions matérielles de sortie prompte, de cette situation exceptionnelle d’instabilité, est vécu par nombre d’observateurs, comme une trahison de la parole donnée par le Capi-Prési, dans sa promesse initiale, d’opérer une rupture totale, d’avec les méthodes de gestion désuètes, qu’incarnait le régime défunt, car l’on constate avec regret, au fur et à mesure de l’évolution de la situation, des écarts de conduite dans ce qui se dit tout haut lors des rencontres publiques et ce qui se trame tout bas dans les coulisses du pouvoir, créant et entretenant ainsi, un climat de suspicions qui ne peut que laisser dubitatifs et amers.

    Par la stigmatisation permanente des travers sociaux, le but recherché est une remise en question systématique des attitudes pernicieuses et une meilleure responsabilisation des dirigeants dans leurs prises de décisions qui déterminent l’avenir de la nation.

    Mais hélas en Guinée, depuis cinquante ans que l’on tergiverse, on continue comme un mouton de panurge, à suivre la cadence imposée par d’irresponsables dirigeants, contribuant davantage, à la décadence d’une société en mal constant de repères identitaires et idéologiques.

    On a que cure des éternelles fanfaronnades, fussent-elles dans un esprit de dialogue social, car leurs échos n’ont de résonnance que le cadre inapproprié dans lequel elles se clament. L’obsession de consensus qui semble animer le Président Dadis, finit par devenir improductive, car à force de consultations tout azimut sur des sujets d’importance  capitale, tel le problème crucial d’eau et d’électricité, dont la recherche de solution, aurait mieux mériter, la constitution d’une commission technique, en lieu et place d’un débat public qui ne peut être assimilé qu’à du prosélytisme, visant à détourner l’attention de la population, de l’essentiel de la plateforme revendicative actuelle, à savoir l’organisation des élections et le retour des militaires dans les casernes.

    Il n’est nullement question de reprocher au Capi-Prési de nourrir des ambitions pour la guinée, en patriote convaincu qu’il aime à se présenter, mais l’aberration est que, bien qu’il n’ait pas les moyens de sa politique, il s’entête à vouloir réaliser des projets de développement, qui n’en sont d’ailleurs pas uns, car spectaculairement concoctés à la va-vite, sans aucune forme de procédure traditionnelle en la matière, ni stratégie clairement définie et dont la Guinée ne dispose à  ce jour, non seulement pas les moyens matériels et financiers, mais surtout leur réalisation à terme, nécessite un temps qui ira forcément au-delà de la période de transition, qui se veut par définition courte.

    Comme le disait Jean Cocteau, le tact dans l’audace, c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin. Alors de grâce, que le Capi-Prési  n’en fasse pas trop s’il veut demeurer crédible aux yeux de l’opinion nationale et internationale, en laissant le soin aux politiciens de faire ce qui est de leur ressort, à  savoir la proposition et la réalisation des projets de développement et qu’il s’atèle lui, à la réforme de l’armée tant décriée pour les frasques d’éléments non contrôlés en son sein, une mission qui lui sied à merveille vue son intransigeance et qui pourrait même lui être confiée de droit, au-delà de la période transitoire.

    Ce qui contribue aujourd’hui, à créer la confusion et le doute quant à l’issue apaisée et souhaitable de la transition en cours, c’est la plausible éventualité de son maintien au pouvoir et le non respect du chronogramme, dont l’application actuel en sens dessus-dessous, nous fait tourner en bourrique, en ce sens que le privilège n’est en toute vraisemblance, accordé qu’en ses dispositions, qui supposent un accord collectif, par ailleurs difficile à trouver au sein des forces vives, qui on le sait, peinent plus que jamais, à placer au-dessus de leurs divergences, l’intérêt du peuple dans son intégrité, donnant ainsi au CNDD, des raisons d’évoquer avec désinvolture, son désengagement de toutes responsabilités, par rapport au retour à l’ordre constitutionnel, dans de brefs délais.

    De toute évidence, la junte sera contrainte de quelque manière que ce soit, à rendre le pouvoir aux civils. C’est le temps qu’il faudra pour en arriver à cette réalité qui est sujet à équivoque et à ce sujet, le maintien de la pression populaire et les mesures coercitives du GICG, demeurent la meilleure façon de pousser le CNDD à respecter ses engagements.

    La Guinée a plus que jamais besoin du soutien de la communauté internationale, qui si elle nous lâchait sous le joug d'une armée avec ses velléités d'assujettissement de la population, sera condamnable à bien des égards, pour non assistance à peuple en danger.

    Le président Dadis et ses compagnons sur lesquels pèsent des soupçons de crimes de sang lors des évènements de 2007, cherchent-ils à avoir des garanties d’amnistie pour quitter le pouvoir, alors que dans le même temps, ils préconisent la poursuite des audits et la lutte contre le trafic de drogue, par rapports auxquelles une justice qui parait sélective, voudrait s’appliquer ?

    Pour une simple question d’équité, la tenue d’une conférence nationale de réconciliation que semble occulter ceux qui n’ont pas la conscience tranquille, doit être considérée comme un impératif, dans lequel cadre, les coupables de forfaitures se confesseront et se repentiront devant Dieu et les hommes, pour que le peuple martyr  accepte de pardonner et permettre ainsi à la guinée de repartir sur de nouvelles bases, avec la constitution d’un gouvernement d’union nationale, qui associerait tous ceux d’entre nous, pour reprendre les termes de l’autre, dont les acquis académiques, professionnels et relationnels seront jugés utiles, pour sortir le pays du gouffre.  

     

     

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  • IL FAUT ARRÊTER DE RIDICULISER LA GUINEE.

    Naturellement, le ridicule n'a jamais tué en Guinée. S'il a existé des ailleurs où le sentiment d'honneur a poussé des hommes politiques à se donner la mort plutôt que de subir l'épreuve du ridicule de leurs actions publiques à effets incommensurablement négatifs pour leur pays, ce sentiment est loin d'avoir effleuré ceux qui ont prétendu diriger, jusqu'ici, la Guinée.

    Si ce sentiment d'honneur avait existé dans notre pays, l'encadrement socio-politique et ses acolytes en aurait,depuis longtemps, été radicalement fauché par la mort. Ceci pour dire que le pays peut aller à vau-l'eau, tout peut continuer à se dégrader , on continuera quand même à entendre les mêmes optimismes, les mêmes déclarations lénifiantes de « bonne foi » sans que les dirigeants songent à en tirer pour eux des conclusions en démissionnant de leurs fonctions pour l'intérêt de la Nation.

    Ils fermeront les yeux pour ne rien voir; se boucheront les oreilles pour ne rien entendre, et surtout ne ressentiront pas le ridicule qui couvre le pays aux yeux de l'extérieur.Ceux d'aujourd'hui, les membres du CNDD et leur chef ne ressentent même pas qu'en ce début du 21e siècle, un coup d'Etat n'est ni moins ni plus qu'un acte de grand banditisme. A la différence du banditisme ordinaire quelle qu'en soit la taille et dont les membres achètent eux-mêmes leurs « outils de travail »; les fusils et canons dont se servent les acteurs du banditisme-coup d'Etat ont été payés par la collectivité nationale. C'est l'aspect le plus immoral et le plus dégradant humainement pour les auteurs de coup-d'Etat. C'est en considérant cet aspect que les Guinéens doivent cesser, pour l'honneur de leur pays, de considérer comme « Père de la Nation » un auteur de coup d'Etat qui semble loin d'être un libérateur.

    Le trait dominant qui a été le plus observé chez nos dirigeants a été celui des héros du cinéma populaire comme King Kong ou Terminator qui n'ont agi que par leur force brutale pour soumettre l'environnement.Un environnement constitué de citoyens toujours traité en bétail et dont certains,rompus à courber l'échine, se prêtent volontiers à ce rôle de bétail humain.

    Les apprentis sorciers qui ont règné ,jusqu'ici sur la Guinée, n'ont jamais pensé qu'une société humaine ne se menait plus comme du bétail, aux 20e et 21e siècles. A chaque fois, on constate que le type de gouvernement qu'ils installent , se termine mal. Le pays s'en sort démoli et les populations déboussolées. J'ai écrit récemment que la culture du mensonge et de l'imposture était toujours au pouvoir en Guinée .En référence à ce rappel, le handicap majeur de Moussa Dadis Camara et du CNDD est leur approche amateuriste de la chose publique qui ne pourra pas leur permettre de relever le pays et encore moins de l'organiser en Etat démocratique.

    Cela ne s'improvise pas. Dadis et ses compagnons viennent d'en administrer une preuve supplémentaire en recourant à la vieille méthode pédégiste usée du complot extérieur permanent contre la Guinée.Des forces d'invasion seraient massées aux frontières de la Guinée-Bissau, du Sénégal et du Libéria. Le recours à ce stratagème montre d'une part le manque cruel d'imagination au pouvoir et le désarroi actuel dans l'action du CNDD,et d'autre part, une manoeuvre d'appel aux Guinéens à se grouper autour de Dadis pour retarder des élections à organiser, (voir articles de Mamadou Billo Sy Savané, « Manoeuvres dilatoires dangreuses: les mensonges du CNDD » et d'Ibrahima Kylé Diallo, « Aucun caporal n'est capable de contrer la bande du capitaine Hachisch »).

    Sur ce point , j'ai comme ressenti , une espèce de regrets des auteurs du coup d'Etat du 23 décembre 2008, de s'être pressés d'avoir fait la promesse d'une transition rapide.Ils l'ont d'ailleurs fait savoir en affirmant plus d'une fois que ce sont eux, miltaires, qui ont risqué leur vie en conquérant le pouvoir.Les regrets d'une remise rapide du pouvoir à des autorités démocratiquement élues sont, on ne peut plus clairs.

    Le recours aux attaques supposées à nos frontières , devrait montrer à tout Guinéen que nous avons à faire à des miltaires pour lesquels redresser l'Etat guinéen est au-dessus de leur savoir-faire. Guinéennes, Guinéens, sortez de vos illusions! Ce ne sont pas les hommes du CNDD qui vous sortiront de la mouise.C'est le pouvoir qui les intéresse. Ne vous laissez pas convaincre par des mots sans signification pour ceux qui les prononcent. Ils peuvent sembler être ce que vous leur devinez comme sentiment de « bonne foi », cela peut du reste paraître inconsciemment de bonne foi pour Dadis. Mais qu'est-ce que la bonne foi sans aucune perspective « concrétisable » au regard de la destinée d'un peuple ?

    Il faut, Guinéennes et Guinéens, que vous sachez que la seule bonne foi ne peut continuer à servir d'excuse à l'incapacité de ceux qui se sont autoproclamés vos dirigeants et qui n'ont su vous présenter que des gesticulations stériles et des discours creux.L'extrême faiblesse de notre peuple est cette permanente foi en la « bonne foi » des marchands d'illusions qui ont régenté la Guinée de 1958 à aujourd'hui.

    On ne peut pas envisager un avenir meilleur en pardonnant à partir de leur « bonne foi » les anciens Présidents et celui d'aujourd'hui du mal dont ils sont les auteurs Pour ce qui est d'aujourd'hui, il faut aller au-delà de la « bonne foi » que Dadis et ses compagnons proclament sur les audits et sur les autres grands chantiers. C'est la cohérence de tout ce qui a été concrètement entrepris qu'il faut examiner.

    Or il semble que la part du vent l'emporte sur le reste. Il faut que Dadis et ses compagnons se rendent compte qu'on ne peut pas continuer à se contenter de promesses faites à partir de bonne foi. Il faut qu'ils cessent de surdimensionner leur capacité à gouverner le pays. Ils ne contribueront qu'à entraver son évolution .Dans un pays, un Président ne peut pas que compter sur ses conseillers, il doit aussi et surtout impulser les principales actions à mener. Il faut surtout qu'au CNDD, on se rende compte qu'un pays ne se gouverne pas seulement , aujourd'hui, avec des armes.

    La naïveté, par exemple, d'avoir menacé, il ya peu, des magistrats s'ils ne se soumettaient aux caprices du pouvoir, de les remplacer par de jeunes magistrats qu'on aurait envoyés se former ailleurs, montre les limites de Dadis dans la gouvernance du pays. C'est de ne pas savoir que nul n'est confirmé dans une profession tant qu'il n'y a pas exercé des années durant, de jeunes magistrats ne peuvent pas remplacer au pied levé la compétence de magistrats ayant exercé de longues années..Cette menace des magistrats demeure un exemple d'ignorance de ceux qui prétendent gouverner la Guinée.

    Certes, dans l'Armée guinéenne, un capitaine a pu se proclamer Commandant Suprême des Forces armées guinéennes, mais il reste à savoir la rélle capacité d'une telle armée dans un contexte de confrontation internationale .

    Seulement en Guinée : titre équivaut à compétence. La mamaya assourdissante qui se mène journellement n'aidera pas à sortir la Guinée de la médiocrité d'autant plus que chaque huile de ce monde à l'air de s'affubler et de se satisfaire de titres ronflants qui n'ont de valeur que sur le sol de Guinée et pour les seuls qui se griment d'Excellences ou d'Honorables. Les griseries que le chef du CNDD et ses compagnons affectionnent tant de s'appeler Président ou Ministres ne feront pas progresser la Guinée mais la plongeront davantage dans un sous-développement total.

    C'est pour éviter une telle perspective qu'il faut que la préparation d'élections sans magouilles soit énergiquement entreprise.

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