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LA REPUBLIQUE DE GUINEE SUIT AVEUGLEMENT LA TEDANCE DES PAYS OCCIDENTAUX EN MATIERE DE RETRAITE:
- Par Administrateur ANG
- Le 25/04/2008
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Pour comprendre que la République de Guinée suit une mode aveuglement, nous allons essayer de comparer les populations guinéennes et occidentales qui se lancent sur ce chantier de l’extension de l’âge à la retraite. Essayons de poser cette équation qui est la suivante : [Attribut Pop guinéenne= ? Attribut Pop. Occidentale] = Extension de la retraite En effet, pour résoudre cette égalité algébrique, savoir que nous ne sommes pas confrontés aux mêmes réalités que ces pays, nous allons essayer de dégager les caractéristiques communes, et les raisons qui ont poussé les pays occidentaux à adopter l’extension de l’âge à la retraite, et, nous allons ensuite essayer de voir si la République de Guinée se rapproche plus ou moins de ces spécificités de quelques nations occidentales (France, Allemagne, Espagne, la Grande Bretagne, etc). Cela étant, les caractéristiques principales des populations de la majorité des pays occidentaux est la suivante, je dis bien la tendance qu’on pourrait mettre en évidence, je ne parle pas des exceptions qui pourraient se dégager v Vieillissement dramatique de la population, donc le papy boom v Baisse drastique de la natalité ; v Expérience de vie très longue Par exemple en France, nous avons 2 enfants par femmes, avec une espérance de vie de 76 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes(En plus il faut préciser que la France a la meilleure performance dans l’Union européenne en matière de naissance). [Royaume Uni 75 ans la moyenne, donc, grosso modo, la moyenne pour les pays développés est de 78 ans). Et il faut dire que le taux de natalité de l’Allemagne reste l’un des plus faibles du monde développés (8,25 pour mille). Quel est le problème qui est posé par ces phénomènes : C’est comment trouver l’argent pour financer les retraite, l’assurance chômage, l’assurance invalidité, quand on sait que d’une part, les gens restent plus en vie, et d’autre part il y a moins de naissance, donc, il faut augmenter l’âge, le taux d’emploi des « seniors ». C’est dans cette logique que l’Allemagne a adopté une loi de relèvement de l’âge à la retraite (de 65 à 67 ans entre 2012 et 2029) afin de trouver des fonds pour financer efficacement son système de retraite, pour éviter le crash et les déficits budgétaires qui se creusent tous les ans. Maintenant, quels sont les traits fondamentaux de la population guinéenne. Nous avons en République de Guinée, une population majoritairement jeune (44% de la population ont moins de 15 ans), avec une espérance de vie à 50 ans pour les femmes, et 48 ans pour les hommes, avec un taux de fécondité de près de 6 enfants par femme. Ainsi, après avoir étaler les caractéristiques de la population guinéenne, on se rend compte que nous sommes de très loin des réalités démographiques des pays qui se lancent dans les politiques d’extension de l’âge à la retraite. Il ne s’agit pas reproduire, copier les politiques que les autres pays adoptent, mais il s’agit de très bien lire entre les lignes les bonnes politiques qui ont réussi chez les autres, et essayer de voir si ces politiques peuvent résoudre les problèmes en Guinée, mais sinon ça devient du mimétisme culturel et politique, en un mot du copier coller. Certes, le relèvement de l’âge à la retraite est une tendance universelle, mais, est ce que cette tendance universelle concerne la Guinée, est ce qu’il y a une urgence dans ce domaine. La Guinée ne doit pas suivre la tendance universelle en matière du rallongement de l’âge à la retraite, mais par contre elle doit adopter des réformes, des politiques publiques par rapport aux réalités économiques que les populations guinéennes sont entrain de vivre. Par conséquent, une fois de plus, les jeunes ont été « immoler » par les syndicats, le patronat, le gouvernement, et par nos élus irresponsables politiquement qui ne cherchent pas à peser le pourquoi d’une telle réforme. Il faut s’attaquer aux vrais problèmes, j’ai bien salué l’ouverture de la session par le président de l’Assemblée nationale, lorsqu’il (président AN) a annoncé dans les jours prochains, les projets de loi sur la parité, sur les handicapés, mais franchement la réforme sur le relèvement de l’âge à la retraite n’a pas sa raison d’être. La République de Guinée n’a pas une population vieillissante, et l’espérance de vie moyenne du guinéen est 50 ans. Il s’agit d’améliorer les conditions de vie du guinéen, des travailleurs, mettre fin à la nébuleuse qui sévit à la Caisse nationale de sécurité sociale. En outre, il y a un problème qui existe déjà en Guinée : C’est se teinter les cheveux pour toujours paraître jeune, falsifier les extraits de naissances. Donc, officieusement, les agents de l’Etats travaillaient et travaille encore jusqu’à 70 ans pour ceux qui ont la chance de vivre 70 ans. Avant de s’engager sur les réformes bidons et hâtives, il faut s’attaquer aux racines des choses, comme l’état civil, où l’on a pratiquement aucun fichier. Il y a une multitude de foule de domaine où il faut engager des réformes, et non sacrifier la moitié de toute une population que constitue les jeunes. Cette politique n’est pas la bonne pour avoir une meilleure sécurité sociale en Guinée qui n’existe d’ailleurs guère. Par ailleurs qui sont les caisses de retraite en Guinée ? Bien évidemment, ce sont les enfants, les cousins, les neveux, les nièces, ces jeunes qui prennent en charge les familles de leurs parents chômeurs (euses), retraité-es, invalides, etc.
Touré Ibrahima Sory, écrivain spécialiste en droit de l’homme, Montréal, istofr@yahoo.fr
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LES PARTIS POLITIQUES MOINS DEMOCRATIQUE QUE LE REGIME DE LA DEUXIEME REPUBLIQUE:
- Par Administrateur ANG
- Le 25/04/2008
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Selon le petit Larousse, la légitimité est la qualité de ce qui est fondé en droit, en justice, ou encore en équité. Ainsi, on utilisera plus la notion de légitimité qui est un peu différente du principe de la légalité qui fait plutôt référence déjà la soumission de l’administration aux règles de droit, et aussi déjà la répression des comportements (droit pénal), mais la frontière entre les deux (2) notion est minime en pratique. Pour être en logique avec le libellé de cette analyse, on essayera de situer l’origine de la légitimité d’un chef de parti (I), et, donner le portrait de quelques grands partis politiques guinéens en la matière (II), et enfin comment l’absence de légitimité et la non « circulation des élites » peut être fatale à un parti politique (III). I. La légitimité dans un parti politique légitimité d’un chef de parti, d’un président de parti, d’un secrétaire général de parti, peu importe le nom qu’on pourrait lui donner est une question fondamentale dans toute démocratie. Sur ce, on pourrait se poser la question d’où vient la légitimité pour diriger un parti politique dans un régime démocratique? Évidemment, la logique qui s’impose pour l’élection d’un président de la République, d’un premier ministre, doit être la même logique pour être président de parti politique. En d’autres termes, de même que les citoyens ont le droit fondamental de choisir leur président de la République, les membres, les militants ont aussi ce même droit de choisir leur président de parti. On ne peut pas être défenseur d’une valeur, et être en même temps contre cette valeur. Nous avions vu en décembre 2007, l’élection de JacoB Zuma à la tête de l’ANC en Afrique du Sud, et, pourtant Zuma a battu une personnalité de grande envergure qui est le président Thabo Mbeki. Ce sont les règles de la démocratie qui ont voulu les choses ainsi. Cependant, en mettant en parallèles nos partis politiques à ceux des autres pays, on pourrait se demander, est ce qu’il y a véritablement des congrès en République de Guinée. II. Le portrait des partis politiques par rapport à la tenue d’un congrès Dabord hormis leur régionalisation et leur caractère ethnique (sauf exeption), on pourrait affirmer qu’il n’y a pas assurément de congrès, de convention pour être à la tête des partis politiques guinéens. Les partis politiques guinéens, surtout ceux de l’opposition qui réclament plus de démocratie, qui réclament l’instauration d’un jeu égal, sont paradoxalement les mêmes organisations où l’on constate l’absence d’égalité, de transparence, de débat, de pluralité d’opinion, de démocratie pour être à la tête de ses organes de décisions. Ces leaders politiques qui se prennent pour des « pro démocrates » sont loin des vertus démocratiques. Pour arguer mes propos, je bâtirai mon enchaînement logique d’arguments sur trois (3) partis politiques de l’opposition : le RPG, l’UPR, l’UFDG A. Le Rassemblement du peuple de Guinée RPG Le RPG est l’un des partis de l’opposition qui s’abrite sous le parapluie des principes démocratiques et républicaines. Cependant, lorsqu’on se réfère à l’article 20 du règlement intérieur de ce parti, il est dit quelque part que : « Le bureau politique est l’organe de direction et d’administration du parti […] . Il comprend 23 membres élus dans les conditions définies par l’article 33 des statuts du parti (excepté le président) ». Donc, nous voyons à l’arrivée, comment le président est au dessus de la mêlée politique, une forme de monarchie à la RPG. On pourrait fonder un parti, mais être éternellement président de ce parti sans des élections à des intervalles réguliers est inadmissibles en démocratie. B. L’Union pour le progrès et le renouveau UPR Ce parti a été fondé par feu Siradio Diallo (paix à son âme). Il faut dire que le parti a été le fruit de la fusion de trois (3) formations politique (PRP,UNR,ANE). Par le culte de la personnalité, Siradio fut d’abord président du PRP jusqu’à la fusion, et fut président incontestée de l’UPR sans un véritable congrès jusqu’à sa mort. À la mort de cette grande personnalité, il faut le reconnaître, la succession fut mouvementée pour la présidence, et pour la vice présidence. Cette situation a donné naissance aux dissidences de quelques personnalités et membres du parti vers d’autres partis. En outre, c’est cette manque de légitimité qui vient de causer des contrariétés et la contestation du leadership du président Bah Ousmane. C. L’Union des forces démocratiques de Guinée UFDG Ce parti qui a été repris par Bah Mamadou lorsqu’il fut débarqué de l’UPR, est aussi à l’image des autres partis politiques guinéens. Récemment, Bah Mamadou a donné la présidence de ce parti dans des conditions obscures à l’un des présumés fossoyeurs de l’économie guinéenne. Cellou Dalein Diallo a été investi président de l’UFDG sans compétition et dans les conditions alambiquées. Du reste, ce qui est invraisemblable et paradoxal, Bah Mamadou qui a passé la moitié de sa vie à combattre le pouvoir de Lansana Conté, « revend » son parti à une personne qui a incarné pendant longtemps le régime de la mauvaise gouvernance et de la corruption institutionnalisée. Lorsque je vois les guinéens se battre pour cet homme, j’ai du mal a digéré cela, et, je comprends que le guinéens est un profiteur, un égoïste, un ethnocentriste. Je peux comprendre les guinéens qui soutiennent, qui se battent pour Bah Ousmane, Alpha Condé, Jean Marie Doré, car le doute profite à ces hommes là, dans la mesure où ces personnes n’ont pas été associées encore à la haute fonction publique (ministre, premier ministre, président). Je sais et partage l’idée que tout guinéen est libre de supporter tel ou tel opposant politique, mais j’aimerais que l’on m’explique le soutien à un Cellou Dalein Diallo, car cet homme est loin de notre aspiration. Il (Cellou) a déjà été aux commandes, il a déjà fait ses preuves, il n’a pas pu améliorer la vie des guinéens, et il n’a pas eu le courage politique de démissionner, qu’est ce que l’on attend de lui alors? III. Les dissidences comme conséquence de l’absence de démocratisation La consolidation, l’imposition d’un leader politique de façon éternelle débouche souvent sur la fragmentation du parti. C’est ce que l’UPR a connu au décès de Siradio Diallo, et c’est ce qu’il est encore entrain de récolter. Cette situation a déjà eu lieu pendant le règne de Sékou Touré. Le PDG a connu des dissidences au congrès de Foulayah, en l’occurrence celle de Bangaly Camara lorsque Sékou Touré a voulu être un tout, mais comme on était loin d’être dans un régime démocratique, Bangaly Camara fut arrêté quelques mois plus tard. Donc, face à la dissidence, il y a deux (2) solutions. Soit, on va aller former une autre formation politique, ou on va rejoindre un autre parti politique. Par ailleurs, c’est cette même situation qui a été très fatale pour Abdou Diouf pendant les élections présidentielles de 2000. Lorsque Diouf a imposé Ousmane Tanor Dieng, le PS a été victime de deux (2) grandes dissidences. La première de Moustapha Niasse qui a obtenu 16,76 % au premier tour des présidentielles de 2000, et la seconde dissidence est de Djibo Ka. Pendant le deuxième tour, Niasse a fermé la porte à Diouf, en affirmant ceci : « La voiture dans laquelle je me trouve est déjà en route et ne peut pas faire marche arrière » Enfin, il faudrait dire que face à cette absence de démocratie dans les partis politiques, l’ouverture au débat, et à la pluralité des opinions, les guinéens doivent se battre corps et âme afin de changer la constitution, le code électoral pour que les candidatures indépendantes soient effectives.
Touré Ibrahima Sory, écrivain spécialiste en droit de l’homme, Montréal, istofr@yahoo.fr
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LES ELECTIONS LEGISLATIVES EN LIGNE DE MIRE
- Par Administrateur ANG
- Le 11/04/2008
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Les partis politiques dans leur ensemble, observent sans le crier sur les toits, une certaine attitude de satisfaction, face à la situation de chaos que constituent les escarmouches au niveau de l’exécutif, car d’une telle atmosphère de déliquescence des structures de commandement, leur champ d’action devient propice à la proposition d’alternatives de modes de gouvernance dans un avenir proche, favorisant ainsi l’adhésion des populations, à des programmes de sociétés, susceptibles de garantir une relative sécurité sociale et économique, compte tenue de l’urgence des attentes. Le caractère obsolète des mécanismes de gestions économique et financière, magnifié par les dérives courantes, dans la gestion administrative, du fait du non respect des principes de moralité et d’éthique dans l’action publique, nous font admettre qu’au-delà des difficultés inhérentes à la conjoncture économique internationale, le problème de mal-gouvernance dans notre pays, est profondément lié au relâchement des mœurs, qui se traduit par l’inaptitude chronique de nos décideurs politiques, à privilégier les rapports de cordialité, par la coopération et la concertation, dans leurs prises de décisions engageant l’intérêt général du peuple de Guinée dans son intégrité. Face à ce constat, les discours propagandistes, n’ont aucune chance de trouver un écho favorable, car ce peuple, trop longtemps privé de son droit naturel à aspirer au bonheur, par la simple satisfaction de ses besoins primaires, à force d’être manipulé et instrumentalisé, a compris la machination dont il est victime et s’astreint désormais à suivre aveuglément des crieurs publics, qui se déguisent en guides spirituels, pour nos orienter vers des horizons ténébreux, dépourvus de lueurs d’espoir. Dans cette lutte perpétuelle pour la survie quotidienne, l’énième augmentation du prix du carburant et son effet domino sur les prix des denrées de première nécessité, est de nature à augmenter le désarroi des plus démunis d’entre nous. Dans pareilles conditions, le sentiment d’injustice et de haine, se justifie par le contraste existant entre l’utilisation des moyens étatiques et les résultats probants sur le terrain, à cause non pas seulement, de la limitation des ressources, mais bien évidemment, cette situation est une simple résultante de l’aliénation des esprits, qui se manifeste par le comportement mafieux des groupements d’intérêts particuliers, d’hommes et de femmes, à qui on a pourtant, accordé le privilège d’avoir l’honneur, d’incarner les aspirations de la société tout entière. La mission qui leur est dévolue, est de donner un sens positif à notre existence en tant que nation épanouie et œuvrant au rayonnement des idéaux de paix et de prospérité dans le monde. Malheureusement, l’orientation politique dans notre pays, est contraire aux aspirations de la population, qui continue de végéter dans la pauvreté et la misère en se demande chaque jour que Dieu fait, à quand la fin de nos malheurs ? Dans ce cas, point de réjouissance pour les guinéens que nous sommes, tant qu’on n’aura pas compris qu’il faille que l’on se remette résolument en cause, dans nos comportements individuels, guidés trop souvent, par le seul profit personnel, en ayant malheureusement à l’esprit, ce faux entendement de la fonction politique, comme moyen d’enrichissement illicite. La fonction politique sous tous les cieux, va de paire avec les privilèges, mais dès lors que la priorité est donnée aux droits par rapport aux devoirs, son exercice se trouve dénaturé par l’hypocrisie qui consiste trop souvent, à demander aux autres, ce qu’on ne fait pas soi même. Dans le cadre guinéen, la responsabilité dans la dilapidation des deniers publics, est œuvre commune d’une majorité substantielle de nos décideurs, se situant dans tous les maillons de la chaîne des structures directionnelles, les rapports d’audits des départements ministériels récemment rendus publics, en font largement foi. Mais comment responsabiliser les gens et leur demander des comptes, quant le laisser-aller devient une pratique structurée, à la limite de l’institutionnalisation, tant elle est profondément ancrée dans les mœurs ? L’initiation, la coordination et le suivi de politiques de développement, dans le cadre d’une gestion économique et sociale efficace et efficiente, qui permette une lecture claire dans le processus d’évaluation et d’appréciation des données, demeure le seul gage de réussite de nos différentes entreprises, en prenant en compte la stricte application des textes réglementaires qui régissent le fonctionnement de nos institutions. Encore une fois, on ne peut qu’être sceptique quant à la suite à donner aux recommandations de ces fameux audits à cause de l’impunité ambiante. Ce nouvel acte ne peut malheureusement être vu, que comme une autre parade de façade, destinée à épater et ameuter l’opinion publique, en brandissant la menace d’une grève qui n’emballe pas fort la population, soucieuse de sa survie quotidienne et dorénavant habituée à ce genre de manœuvres, toutes les fois qu’une action de désapprobation est faite de la part du général Conté à l’encontre du P.M. Ce climat d’incompréhension et de frustration, ne peut perdurer, car les inquiétudes à la nomination de M.Lansana Kouyaté à la primature, étaient que le général ne lui laisse les coudées franches dans la réalisation de sa mission. Dés lors que maints exemples prouvent aujourd’hui cet état de faits, au-delà des oppositions de principe à la personne du P.M, l’intérêt du peuple de Guinée, est que s’opère une rupture à l’amiable de ce couple qui ne répond plus aux critères de conduite normale, de la classe dirigeante d’une nation, qui se veut prospère et progressiste. Aujourd’hui, entre autres objectifs à brèves échéances, nous avons la tenue d’élections législatives libres et transparentes, dont l’acquisition du principe d’organisation, ne doit être perçue comme une fin en soi, bien que si elles se déroulent et aboutissent convenablement, elles favoriseront un rééquilibrage des rapports de forces au sein de la future assemblée nationale, avec une tendance favorable à l’opposition, dans la perspective de la constitution d’un groupe parlementaire majoritaire, situation dont on peut attendre des résultats concrets dans les prises de décisions stratégiques. Dans cet ordre d’idées, si la nomination d’un nouveau P.M n’est pas une contrainte constitutionnelle pour le Président de la République, la pression populaire sera de nature à légitimer cette option et vue l’allure où vont les choses, l’on peut se réjouir du fait qu’en plus de l’arme fatale que constitueront les possibilités de motions de censure, à l’encontre de la politique gouvernementale, il y’aura la probabilité de la mise en place prochaine d’une procédure légale de destitution du Président, pour cause d’incapacité physique et moral consécutive à son état de maladie, clouant du coup au pilori les ambitions malsaines d’une poignée d’individus, qui continuent obstinément à graviter autour du président et qui pour assouvir leurs besoins d’influence et de maintien dans les méandres du pouvoir, contre le gré de la population, usent de tous les moyens de pression, y compris occultes, prenant en otage le peuple opprimé et traumatisé, qui ne demande rien de plus que justice lui soit rendue, sans occulter notre passé, aussi lourd qu’il soit, de faits peu reluisants sur le plan humain.
BAYO Abidine
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DES MANOEUVRES POLITICIENNES QUI NOUS EGARENT
- Par Administrateur ANG
- Le 31/03/2008
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Le combat politique est une lutte de longue haleine, qui requiert un investissement physique, moral et matériel constant, car le champ de bataille est tributaire des enjeux de l’instant présent, qui se nourrissent des expériences du passé, pour déterminer les perspectives d’avenir. En cela, les prises de position des acteurs politiques, par rapport aux sujets d’actualité, déterminent leurs visions singulières, de l’approche de la gestion publique des affaires, dans le cadre de l’exercice du pouvoir. L’action gouvernementale s’inscrit dans cette logique qui voudrait que la quantification du degré d’aboutissement des objectifs assignés dans la détermination des politiques prévisionnelles, serve de base à l’évaluation et l’appréciation analytique des résultats atteints. Pour ce qui est de la situation actuelle en guinée, les avis divergent et reflètent des positions antagonistes, selon qu’on se situe dans le camp pro-gouvernemental ou dans l’opposition, une confrontation passionnelle d’idées, qui met en péril l’objectif de changement et de réconciliation nationale, née de la volonté populaire manifestée lors des soulèvements, qui ont aboutit à la nomination de l’actuel P.M De toute évidence, il y’aura un avant Lansana Kouyaté et un après Lansana Kouyaté et si aujourd’hui, l’on peut noter quelques actes posés ça et là, qui donnent lieu à des controverses, au regard non seulement, de la situation catastrophique héritée du passé, mais aussi de l’ambigüité des méthodes de gestion actuelles, il est à remarquer que jamais dans notre pays, un P.M n’a soulevé autant de débats et de passions. Au fil du temps, on remarque que la présence de M. Lansana Kouyaté à la tête du gouvernement dit de consensus et dont la mise en place avait suscité pas mal d’espoir au sein de la population, soulève aujourd’hui maintes inquiétudes, surtout avec le bras de fer qui l’oppose actuellement au général Conté, dans une sorte de guerre froide, qui se mue de jour en jour, en bataille rangée et à couteaux tirés, entre les différents clans constitués, au gré des intérêts particuliers des uns et des autres. A l’entame de cette confrontation qui a vu le limogeage de Justin Morel Junior, selon la formule consacrée de la réponse du berger à la bergère, le P.M désemparé, avait brandi la menace que constituait la création de la commission d’enquête sur les massacres perpétrés en janvier et février 2007, dont on a cru comprendre la nomination et la prestation de serment des membres. Cet effet d’annonce laissait naturellement croire, à l’application logique d’une des dispositions contenues dans la feuille de route dont il a la conduite et fort malheureusement le constat est que tout cela est tombé dans le tiroir des oubliettes, déjà débordant de promesses fallacieuses, à la mesure de la mégalomanie et de l’ambition démesurée, qui ne trouvent écho, Dieu soit loué, que dans les oreilles de fanatiques profiteurs, qui croient naïvement, à la pérennité d’un système moribond, voué tôt ou tard à l’échec. L’association incompatible de visions disparates à la tête de l’exécutif, prouve que le mariage alors scellé au non du peuple, à travers les accords tripartites, était par la force des choses, celui de la raison, pour une sortie de crise et non celui de l’amour de la patrie, pour une action concertée et conscientisée au bénéfice des administrés, qui deviennent malgré eux, des victimes collatéraux, de ces mesquines querelles de personnes. Les interférences liées aux conflits de compétences sciemment orchestrés et entretenus, dans le dessein inavoué, de brouiller les cartes et focaliser l’attention de l’opinion, sur des questions de non sens qui contribuent à exacerber les rancœurs, ont pour objectif, de fragiliser le camp adverse pour favoriser sa discréditation et son abattage systématique. Dés lors, on est en droit de se poser la question de savoir, à quoi riment ces chamboulements et ces prises de bec, à l’exemple de cette rocambolesque affaire de Mme Chantal COLE, qui vient s’ajouter aux dernières nominations de personnalités hostiles au P.M, comme membres de son gouvernement, dont il n’a plus que de nom, comme coordinateur des actions, toutes choses se situant à n’en point douter, dans une stratégie de positionnement et de rapport de forces, en dénaturant ainsi, l’essence et la philosophie même de la politique, à travers la priorité donnée à la seule conquête de prérogatives personnelles de commandement et de privilèges qui en résultent. L’aveuglement de nos dirigeants, dans cette lutte sans merci de conquête du pouvoir, où tous les coups semblent permis, est favorisé en grande partie, par la manipulation spirituelle des marchands de rêve, auxquels se fient pieusement les arrivistes, qui croient dur comme fer, aux formules incantatoires ésotériques, sensées leurs ouvrir grandement, les portes de l’ascenseur social, au détriment des préoccupations quotidiennes des populations, qui assistent désabusées à l’instrumentalisation de leur misère. Le pain ne saurait être béni, tant que des impies mettront la main à la pâte et présentement, il serait hypocrite de croire un tant soit peu, à l’efficacité d’un gouvernement embourbé dans des dissensions internes et dont les membres peinent à s’asseoir sur la même table, pour conjuguer à l’unissons leurs efforts de redressement économique et social. Le silence ne doit être un oubli en ces instants d’incertitude, au risque de donner la place belle, au laisser-aller de nos dirigeants, qui expriment sans relâche et comme par défit, leur don d’ubiquité, de manière irresponsable et désinvolte, faisant de nous des éternels loosers, qui semblent se plaire à jouer à qui perd, gagne.
BAYO Abidine
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LA REPUBLIQUE TOURMENTEE
- Par Administrateur ANG
- Le 19/03/2008
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Cela fait plus d’un an que nos sœurs et frères sont tombés, sous les balles assassines des militaires guinéens et bissau guinéens, pour avoir voulu faire basculer le destin de la mauvaise gouvernance sévissant depuis maintenant un demi-siècle dans notre pays. Bravement ces martyrs ont affronté cette obscurité guinéenne où continuent d’agir des acteurs politiques inspirés par l’autoritarisme de la première république et la cupidité de la deuxième république. Voilà donc venu l’éclairage que l’on attendait depuis un demi-siècle, s’était-on dit au moment de la revendication populaire. Hélas l’obscurité, peu à peu, reprend sa place. Il va falloir à nouveau des guides ; fort malheureusement les espoirs ont fondu, les passions sont nées, le clivage des fils de Guinée s’est actualisé. Où en sommes-nous aujourd’hui ? A la case départ me rétorqueriez vous. Mais non ! Nous ne sommes plus à la case départ. Nous ne savons plus où nous sommes. Nous nous sommes égarés et nous avons emporté notre unité nationale dans cet égarement. Notre brève union, qui naquit dans les épreuves passées, n’a pas eu le temps de se fortifier : Le consensus est apparu et notre union a disparu. . Encore une fois, nous nous sommes perdus et nos ennemis de la mauvaise gouvernance, eux, essaient de se retrouver. Dans le pays, la bataille fait rage entre les nouveaux mauvais gouvernants et les anciens mauvais gouvernants. Ils se disputent les sièges de l’Etat tandis que le peuple continue de se battre farouchement contre la vie chère. Mais, jusqu’à quand dureront le manège des gouvernants et le désespoir de la population ? On continue de patauger dans la boue de la division, du repli sur soi, de la vengeance. Les ethnies se déclarent, l’union nationale continue de périr, le paysage politique devient de plus en plus flou et notre combat ne fait que s’enliser. Dans les conditions actuelles, il serait fictif d’affirmer que les prochaines élections législatives, pressenties par nombre comme solution miracle, seront organisées de façon honnête et sereine. Elles contribueront plutôt à nous éloigner de nos aspirations. On peut dors et déjà affirmer que ces élections seront dépourvues de transparence et la plupart de nos partis politiques, ethniques ou pas, la contesteront. Et encore un brouhaha qui viendra s’ajouter à un autre brouhaha, dans le pays de l’obscurité. L’avenir, source d’espoir pour bon nombre de jeunes guinéens, n’est pas prometteur mais n’empêche que nous devrons nous battre tous ensemble pour retrouver le cap de l’unité nationale. Ces jeunes ne sont pas morts pour rien. Vaut mieux être médiocre dans l’excellence plutôt que d’être talentueux dans la médiocrité. Ils sont morts parce qu’ils ont voulu mettre fin à la médiocrité à laquelle le pays a été soumis depuis l’indépendance. Le comble dans tout ça est que les dirigeants du pays s’apprêtent à célébrer cinquante années de désillusion et de mauvaise gouvernance. En guinée, après la défaite… c’est la fête ! Oeuvrons plutôt, comme le propose beaucoup d’intervenants pour que ce cinquantenaire soit synonyme de remise en question, d’unité nationale véritable, de vérité, de pardon, de démocratie à part entière qui contribuera certainement à enclencher enfin notre devise : Travail, Justice et Solidarité. Pour finir, faisons un voeu, cinquantenaire oblige, à cette deuxième République : Vu qu’elle a été aussi nocive que la première République alors souhaitons qu’elle aie, au maximum, la même longévité que celle-ci. Koumbassa
Alassane koumbassa@gmail.com
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ET ENCORE UN ABUS DE POUVOIR !
- Par Administrateur ANG
- Le 04/03/2008
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Le décret présidentiel portant nomination du président du CNC est illégal, et de ce fait la présidence du CNC devient illégale D’abord pour évacuer toute idée préconçue, cette analyse ne prend pas position pour les tenants et aboutissants qui s’invectivent, par ce que tout simplement, les uns et les autres défendent, ou critiquent telle ou telle autorité publique (le Président de la République, le Premier ministre, etc). C’est un constat que je pose, et je le fais à chaque fois qu’une occasion se présente, et évidemment à chaque fois que j’ai le temps. Je ne suis ni pour Pierre, ni pour Paul. Je suis pour le respect de la légalité et le triomphe du droit sur l’autoritarisme. Cela étant, décidément, les guinéens ne veulent pas se débarrasser des mauvaises habitudes. On ne prend position sur un fait politique, économique et social que lorsque le fait en question ne touche pas un ami, un parent, ou un allié. Le constat est que la majorité des guinéens crient au changement, mais chaque guinéen veut un changement unidirectionnel, un changement au détriment des autres. Aujourd’hui, chaque guinéen doit avoir pour combat, la promotion d’un Etat de droit, la restauration de la légalité, de la démocratie et de la bonne gouvernance. Comment est ce qu’on peut délibérément violer une loi de la République comme d’habitude sous prétexte qu’on a un pouvoir décrétale ? Comment les défenseurs de ces valeurs que je viens de rappeler (la liberté, le droit, la démocratie, la bonne gouvernance) n’ont souvent pas une vision critique par rapport aux violations des lois par les autorités publiques, en l’occurrence le président de la République ? Il faut dire, si nous refusons toujours de reléguer, ou d’aligner nos intérêts personnels sur les intérêts généraux, la République de Guinée avancerait difficilement. On se retrouvera toujours dans cette situation, et c’est ce climat qui règne tant à l’intérieur de la Guinée, qu’à l’extérieur de la Guinée : EST ILLÉGAL, TOUT CE QUI TOUCHE LES AUTRES, ET INVERSEMENT, EST LÉGAL, TOUT CE QUI ME TOUCHE ET/OU QUI TOUCHE MES PROCHES, MES ALLIÉS MÊME SI ON EST EN FACE D’UNE SITUATION ILLÉGALE. Sur ce, le décret présidentiel du samedi 1er mars, portant nomination du président du Conseil National de la Communication, est un décret qui vient s’ajouter à la série de violation des lois de la République. Après lecture du C.V de l’actuel président du C.N.C, immanquablement, on aboutit à une violation de la loi Loi/91/06 portant création du Conseil national de la communication. Selon les dispositions de l’article 6 aliéna 2 de la loi susmentionnée, les neuf (9) membres du CNC (le président du C.N.C est compris dans ces 9 membres) doivent être âgés de 40 ans pour être nommés. Attendu que l’actuel président est né le 4 novembre 1973, donc âgé de 34 ans et 4 mois. Etant donné qu’il manque environ cinq (5) belles bougies au nouveau président pour atteindre les 40 ans requis pour bénéficier de cette promotion, on conclut à la violation systématique de la loi régissant le C.N.C. Ce décret est illégal, et par conséquent la présidence actuelle du C.N.C devient illégale, car il n’y a pas de légalité dans l’illégalité. Les lois organisant les différentes institutions républicaines sont différentes les unes des autres. La loi Loi/91/06 portant création du Conseil national de la communication est différente de la loi organique 91/04 portant composition et fonctionnement du Conseil économique et social (CES), et de la Loi organique No 91/008/CTRN du 23 décembre 1991 portant attributions, organisation et fonctionnement de la Cour suprême, et cetera, et cetera. Ainsi donc, on nomme les personnes à ces différentes institutions (surtout les deux premières) en fonction des dispositions particulières de chaque loi. Le décret de nomination des membres du CNC et/ou du CES n’est pas comme le décret de nomination des membres du gouvernement, car les organes sont différents, les missions sont différentes, etc. On ne nomme pas par ce que ça nous chante de nommer, on nomme selon ses compétences et selon les textes qui régissent la République, les institutions. Dans une République organisée, l’action de toute autorité, de toute institution est balisée par des textes de loi, qui s’impose non seulement aux autorités qui ont mis ces textes en place, mais bien évidemment aux simples citoyens. Certes, je suis pour la promotion des jeunes hommes et femmes aux fonctions de responsabilité, mais je ne pourrais pas parier que ce décret s’inscrit dans cette voie. Selon mes analyses, ce décret s’inscrirait dans les rapports de force entre un président de la République malade qui s’en moque des lois républicaines, et un premier ministre politiquement incompétent, irresponsable et qui commence à avoir la boulimie du pouvoir. Ce décret ne serait qu’un acte tactique, de positionnement, de construction et de renforcement des différents clans vautours qui gravitent autour de l’Etat, et qui n’hésiteraient pas à se dévorer lorsque l’occasion se présente. J’attends alors de voir les commentaires, les réactions des partis politiques, les leaders d’opinion, les organisations de la société civile sur cette nouvelle illégalité de la part du président de la République qui prend la Guinée comme une petite famille africaine où on se croit être le maître absolu des lieux.
Touré Ibrahima Sory, écrivain et spécialiste des droits de l’homme, Montréal. istofr@yahoo.fr
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NOUS PREFERONS L'UNITE DANS L'ACTION A LA DIVERSITE DANS LE VERBIAGE
- Par Administrateur ANG
- Le 15/02/2008
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Il est en ce moment, plus que démoralisant, de n’avoir d’autre choix dans les tentatives d’analyse de la situation guinéenne, que de parler et de parler, encore et encore, des éternels problèmes qui polluent notre existence et du sentiment de frustration qui en résulte, car la vie des guinéens est loin d’être un long fleuve tranquille. Tous les pays au monde connaissent certes des difficultés, qui si elles sont conjoncturelles pour certains, dits pays de démocratie et de pratique de la bonne gouvernance, qui ont su s’adapter aux réalités contemporaines et apprivoiser les contraintes liées à leur évolution sociologique et environnementale, elles demeurent cependant, structurelles pour le lot de pays à la traîne dont fait partie la Guinée, qui de bouleversements en clashs, se trouvent confrontés à des situations de calamité humaine, caractérisées par la profondeur du gouffre entre l’écrasante majorité de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, et quelques privilégiés nantis qui se cramponnent au pouvoir et excellent dans le zèle, dans l’exercice de leurs fonctions. Les soulèvements populaires prévalent ainsi d’un sentiment d’injustice sociale à cause de l’iniquité dans la répartition des richesses de la nation, qui font l’objet de pillage systématique, mettant en péril, les objectifs de croissance économique et sociale. Le manque de perspectives qu’engendrent les tensions politiques, favorise de plus en plus, la fuite en avant de nombre de jeunes vers l’Europe, pour échapper à la misère, à la quête de meilleures conditions de vie, dans des environnements sociaux et politiques, garantissant les libertés fondamentales. Ironie du sort, le supposé eldorado que constitue l’occident, se transforme de jour en jour en enfer, pour un nombre toujours croissant de sans-papiers, dont le quotidien se résume à " bobo, glouglou et dodo", à cause du durcissement de la politique européenne en matière d’immigration, attitude traduisant un signe apparent de changement de mentalités et de stratégies, dans ces pays, qui si auparavant, favorisaient les migrations internationales, par mesure de précaution et surtout de nécessité en raison de la présomption d’un potentiel manque de main d’œuvre, dû au vieillissement de leurs populations, craignent désormais, un envahissement incontrôlable, avec l’élargissement des frontières de l’union, d’où le privilège accordé à la nouvelle politique dite de l’immigration choisie, défendue par la France, qui favorise dorénavant, la venue de personnes compétentes, dans des domaines de croissance économique, à fort besoin de main d’œuvre. Cette nouvelle donne, est là pour nous signifier que rien ne sera plus comme avant et plus que jamais, les africains doivent compter sur leurs propres capacités à initier et à générer des politiques de développement économique et sociale, qui soient de nature à engendrer un environnement propice à l’amélioration des conditions de vie des populations, pour favoriser leur sédentarisation et leur participation effective au processus de changement évolutif et aussi pour encourager le "comme back to home" des nombreux diaspos déçus et blasés par de longues années d’errance à travers le monde et qui, pour cause d’instabilité politique, ont perdu l’amour de leur pays en hypothéquant à jamais, le rétablissement des liens d’avec la terre, mère patrie qui les a pourtant, vu naître. Le plus détonnant, c’est que la plupart de ces expatriés, nomades des temps modernes, se trouvent réduits à exercer des boulots précaires qui ne correspondent ni à leurs compétences, ni à leurs aspirations et deviennent comme disent les ivoiriens, des "womis", grillés qu’ils sont, pile et face, pour être d’une part, peu ou pas intégrés dans leurs pays d’accueil et de l’autre, rejetés par les leurs. Quelle absurdité ! On est bien que chez soi si toutefois, la situation politique et les conditions de vie s’y prêtent et c’est en cela que le rassemblement par rapport aux sujets essentiels, devient une impérieuse nécessité et une opportunité qu’on se doit de saisir, au-delà des diverses sensibilités politiques et au prix de sacrifices qui en valent largement la peine. Alors, le fait d’entendre couramment des gens spéculer sur le remue-ménage au pays, pour enfin dire qu’ils ne sentent aucunement concernés par ce qui s’y passe, dénote d’une attitude d’irresponsabilité de leur part, car pour espérer le changement souhaité et réclamé par tous, il faudrait bien que l’on s’implique tous, peut-être de façons différentes, mais résolument et inexorablement, car de nos actions individuelles, dépendra l’action de la collectivité que nous formons et ambitionnons de sortir de la morosité. Pour parer à l’éventualité d’une destinée funeste de nos ambitions, la gestion politique dans notre pays se doit de considérer de façon objective, qu’on a besoin de compréhension mutuelle, pour concilier des visions et des attentes différentes, dont le dénominateur commun demeure le bonheur du peuple dans son intégrité. Au stade où nous en sommes, il serait irresponsable et surtout préjudiciable de supposer qu’un quelconque parti politique détienne à lui tout seul, une solution miracle, pour venir à bout des difficultés incommensurables auxquelles nous faisons face et parlant de la constitution d’un gouvernement d’union nationale, on se fout éperdument de l’appellation à lui donner, mais le plus important, c’est que l’objectif à atteindre avec la tenue d’élections libres et transparentes, est de dégager une majorité parlementaire, par le jeu démocratique des alliances entre partis se reconnaissant en un même idéal et dont sera issu on l’espère, le futur P.M qui aura pour mission, d’insuffler une dynamique nouvelle dans la politique gouvernementale, dans le respect de l’étique et de la déontologie, par la moralisation de la vie publique et par l’application du principe de séparation des pouvoirs, garantissant l’autonomie et l’indépendance des institutions républicaines, dans leurs prises de décisions. L’adoption de mesures drastiques dans la gestion de la chose publique et draconiennes pour ce qui est des manquements aux règles établies, sera d’un apport positif dans ce sens. Seulement, les groupes de pressions qui ont pour manie d’entraver l’action gouvernementale, par la manipulation et les coups de bas, simplement par le fait de considérer que tous ceux qui ne sont pas avec eux sont contre eux, continueront leur sale besogne et pour ne pas leur prêter le flanc dans leur tentative de déstabilisation, l’on doit admettre que dans tous les camps, il y’a des bons et des mauvais, raison pour laquelle, il sera nécessaire et judicieux, de ne pas faire d’amalgame, par le conditionnement des esprits, à l’idée d’un cantonnement de toutes les forces vives, dans un enclos estampillé d’une encre indélébile "bon à rien". On se doit de faire une association compatible, autant que faire se peut, de toutes les bonnes volontés, dans un esprit d’ouverture et par souci d’efficacité, car de la pluralité des points de vue spécifiques, naîtront des solutions à la satisfaction de tous et dans l’intérêt général. Pour notre salut, on a besoin de tenir compte de toutes les expériences, celles bonnes pour en soustraire le maximum de profits et celles mauvaises, pour en tirer des enseignements utiles à notre avancement. Dommage qu’à l’avènement du pluralisme en Guinée, on ait pas admis le principe de bipolarisation du paysage politique envisagé par le général Conté, car s’il n’était aujourd’hui question que d’opposition et de mouvance présidentielle, le choix aurait été vite fait, en nous évitant en prime, les quiproquos entre pédants politiciens, pour l’affirmation d’un leadership, qui sera sans nul doute, incarné à l’avenir, par un homme ou pourquoi pas une femme, de préférence qui ne soit pas de cette "old school" régie par l’idéologie et le dogmatisme, et qui serait à mesure de ressentir sincèrement les préoccupations du Guinéen et de combattre vigoureusement les tares connus de tous, comme étant les véritables maux de notre société. Le choix qui s’impose à nous aujourd’hui doit dans ce cas, être guidé non pas par la passion, mais par la raison, en parfaite connaissance de cause de la volonté et des ambitions des prétendants au pouvoir suprême, à travers leurs actions concrètes sur le terrain et leur réelle capacité à tenir dans la bonne direction, le gouvernail du navire Guinée.
BAYO Abidine
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LA GUINEE EST UN SINGULIER PAYS DE REMUE-MENINGES
- Par Administrateur ANG
- Le 09/02/2008
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La principale menace de stabilité politico- sociale en Guinée, peut s’apparenter à ce qu’il convient de qualifier, de corrosion des fondations de notre bâti social, phénomène qui se caractérise par des tensions ethniques, dont la flamme incandescente, est ravivée par des prises de positions idéologiques partisanes, reflétant et conditionnant davantage, l’exaspération des clivages et les risques inhérents d’affrontement. Dés lors, on se retrouve face à un cas de conscience, qui mérite de constituer un exaltant sujet de préoccupation et de cogitation sur notre identité culturelle, qui souffre d’une sorte de déperdition patibulaire, due à l’incompréhensible et inadmissible incapacité, ou plutôt entêtement à comprendre, la nécessité d’une acceptation de la différence, dans une logique d’échange et de complémentarité, entre les composantes qui forment notre nation. Un diaporama des différentes étapes de notre évolution sociologique, montre que l’une des causes si peu lointaines de ce phénomène, se situent dans la structuration territoriale du pays en régions naturelles, avec chacune d’elles, des spécificités sur le plan climatique, végétation, relief et même linguistique, prédisposition naturelle, qui a servi de prétexte aux dirigeants de l’ancien régime, d’initier des politiques disparates, dont entre autres, la configuration hétéroclite du système éducatif, par une subdivision de la carte scolaire, en fonction de la prédominance linguistique, favorisant du coup, le repli identitaire et hypothéquant l’éclosion de visions harmonieuses, susceptibles d’améliorer notre existence et notre devenir en tant que nation. Dans pareil cas de figure, comment imaginer la consolidation des rapports sociaux, si l’enseignement et la formation de la principale frange de la population que constitue la jeunesse, sont basés sur des critères subjectifs, qui ne favorisent en rien le rapprochement entre les cultures, par le manque de politique adéquate d’intégration et d’épanouissement. La diversité culturelle se devait pourtant, d’être un atout majeur, source de richesses aussi matérielles que spirituelles, mais hélas qu’elle s’est trouvée instrumentalisée, dans un but de confrontation et division, environnement propice à l’assise d’une domination au profit d’intérêts particuliers. L’existence d’une langue dominante, dans laquelle tout le monde se reconnaît plus ou moins, est de nature à casser les barrières, en facilitant la communication et le dialogue intercommunautaire, comme c’est le cas dans des pays limitrophes : la Côte d’Ivoire (Djoula ou Français), le Sénégal (Wolof), le Mali (Bambara), contrairement à ce qui se passe dans notre pays, où les principales ethnies, par leur importance numérique, cherchent toutes, à légitimer leur suprématie, en incarnant le pouvoir qu’elles s’estiment dignes de pratiquer mieux que quiconque, par le fait de s’adjuger de façon prétentieuse, le monopole de la noblesse, en souvenir des périodes de règne de l’Afrique précoloniale. L’assise de cette obsession, se manifeste à travers une plus grande représentativité de l’ethnie de l’homme aux commandes des affaires, dans la sphère politique, leur assurant ainsi une certaine hégémonie, dans la direction et la gestion de la chose publique. Cette prépondérance, s’exerce par l’usage malsain de l’exclusion discriminatoire pour les uns (la majorité pataugeant dans la misère) et le favoritisme probatoire pour les autres (la minorité vivant dans l’opulence), causant par ce biais, de sempiternels problèmes sociaux, qui gangrènent notre vie en commun. Rien de surprenant de voir ainsi des oppositions stériles de personnes qui se sentent en déphasage total, par rapport à l’idéal commun de paix et de justice sociale, situation née la divergence de leurs intérêts et de l’hétérogénéité de leurs aspirations. Dés lors, toutes les actions menées au nom de la nation s’en trouvent affectées, car elles ne reflètent point, la volonté d’entreprise commune, synonyme de conjugaison des efforts de tous et pour le bénéfice de tous. L’embellie dans ce ténébreux paysage, ne saurait être réalité, tant que l’on continuera de se juger, à travers l’étiquette ethnique et tant que la promotion sociale dans notre pays, continuera à faire abstraction du mérite et du talent, car le favoritisme et le clientélisme, qui ont actuellement cours, ont depuis belle lurette montré leurs limites, en témoignent les retournements de vestes, de personnes connues et réputées être de fervents défenseurs de l’intérêt supérieur du peuple, par leurs critiques acerbes à l’égard de nos dirigeants et qui une fois les pieds mis à l’étrier, se laissent facilement aller à la dérive, en épousant les méthodes et pratiques perverses du système, dont ils deviennent parfois les chantres. Honte à tous ces surpris de la vie, qui se voient parachutés à des postes de responsabilité, sans conviction et par conséquent sans ambition pour le pays, qui a pourtant plus que jamais, besoin d’hommes et de femmes capables de se transcender et de se saigner pour l’amélioration quantitatif et qualitatif de nos conditions de vie, seule digne voie de salut, pour toute personne se disant noble et agissant pour ainsi dire, en totale adéquation entre le dire et le faire. A ce sujet, il est de notre intérêt à tous, de mettre fin à la diabolisation de personnes issues de la diaspora, que l’on a trop souvent tendance à taxer d’opportunistes, qui se prennent pour des donneurs de leçon et qui font étalage de leurs connaissances, alors que leur seul tort est de vouloir participer au débat politique qui les concerne au même titre que tous les guinéens, en apportant leurs idées et en proposant leurs compétences et leurs expériences.Ces diaspos se doivent quant à eux, de se débarrasser de leur complexe de supériorité et comprendre que les guinéens restés par la force des choses au bled, pour être en contact direct avec les dures réalités du pays, qu’ils vivent au quotidien, sont à considérer et à respecter dans leur dignité d’homme, malgré les difficultés d’ordre matériel qui sont les leurs, indépendamment de leur volonté, qui est de connaître le bonheur. Par ailleurs, nos aînés doivent comprendre la nécessité impérieuse de donner opportunément, la chance à la jeunesse de s’affirmer pleinement et sereinement, par sa responsabilisation et sa promotion culturelle et sociale, car s’il se dit en Afrique qu’un jeune debout ne peut voir, ce qu’un vieux assis aperçoit, parallèlement, l’on dit aussi que si jeunesse savait et si vieillesse pouvait. Une façon éloquente d’affirmer l’interdépendance entre les générations et la solidarité qui s’impose entre elles. La Guinée est un tout dont il faut prendre compte dans toute sa globalité et dans ces différents aspects, pour se sortir de cette léthargie et cette décadence. Nul de décide de son appartenance sociale ou territoriale. Nous sommes nés guinéens et guinéens nous resterons embarqués sur le même navire, qui pour avancer sur les eaux tumultueuses du monde contemporain, a besoins des efforts de tous et de chacun.
BAYO Abidine