En Guinée, une victoire historique contre la maladie du sommeil
- Par Administrateur ANG
- Le 12/02/2025 à 18:40
- 0 commentaire
Le pays vient d’annoncer avoir endigué cette pathologie - véhiculée par la mouche tsé-tsé - qui occasionne des somnolences irrépressibles (d’où son nom) et qui, si elle n’est pas traitée, peut se révéler fatale.
Difficile à diagnostiquer, elle était d’autant plus difficile à éliminer. En effet, les premiers symptômes sont souvent bénins : fièvre, maux de tête, etc. Ce n’est qu’une fois le système nerveux central touché que les effets caractéristiques de la maladie apparaissent avec, notamment, une altération du cycle veille-sommeil.
Comment la Guinée en est-elle venue à bout ?
Les autorités ont procédé au dépistage massif de la population, via des cliniques ambulantes, du porte-à-porte dans les zones les plus isolées. Ce qui a permis des diagnostics précoces. En parallèle, des traitements de plus en plus efficaces ont vu le jour. Dans ce contexte, les chances de guérison ont augmenté.
Mais ce n’est pas tout. Une autre avancée - tout aussi décisive - s’est faite sur le terrain de la prévention. Pour réduire le nombre de cas, on s’est attaqué au vecteur de la maladie : la mouche tsé-tsé, elle-même.
Des chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et de la Liverpool School of Tropical Medicine - en lien avec des soignants sur le terrain - ont découvert, il y a de cela une quinzaine d’années, que la mouche tsé-tsé était attirée par la couleur bleue…
Alors ils ont conçu des pièges sous forme d’écrans en tissu bleu qu’ils ont imprégnés d’insecticide. Ils les ont disposés le long des cours d’eau, dans les mangroves, aux abords des zones forestières. Et ça a fonctionné ! Concrètement, la mouche tsé-tsé, qui est attirée par le bleu, vole vers le tissu, le touche et meurt dans la foulée.
Le piège ne nuit pas à l’écosystème et ne cible que la mouche tsé-tsé -pas les pollinisateurs. Idéal.
Ce dispositif, qualifié par l’Institut Pasteur de « très efficace », a changé la donne. Et, pas seulement en Guinée. Ces cinq dernières années, une petite dizaine de pays d’Afrique sub-saharienne ont éliminé la maladie.
La maladie n’est pas éradiquée sur le continent africain, notamment en République Démocratique du Congo. Il faut continuer le dépistage. Une résurgence de la maladie n’est jamais exclue. Les médecins martèlent qu’il suffit d’un cas, un seul… pour qu’elle reprenne de plus belle. Leur crainte : que les dirigeants, tout comme les donateurs, se focalisent sur d’autres urgences.
La Guinée, touchée par le virus Ebola en 2013, avait par exemple délaissé la lutte contre la maladie du sommeil et le nombre de cas était monté en flèche. Gare, donc. Mais, c’est vrai, le reflux actuel en Afrique est spectaculaire : on recense moins de mille cas par an, contre 300 000 en 1990. L’OMS planche sur une élimination de la maladie en 2030.
Source:Radiofrance
Ajouter un commentaire