Bousculade mortelle en Guinée : un rapport indépendant fait état de 140 morts et 11 disparus
- Par Administrateur ANG
- Le 14/02/2025 à 18:26
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Début décembre en Guinée, une bousculade avant un match de football à la gloire du chef de la junte au pouvoir avait plongé le stade dans le chaos. Alors que les autorités avançaient jusqu’alors un bilan de 56 morts, un rapport indépendant publié vendredi 14 février fait état de 140 morts et 11 disparus.
La bousculade mortelle dans un stade de foot en Guinée le 1er décembre « a fait 140 morts, onze personnes disparues, des blessés graves et des dégâts matériels », selon un rapport indépendant publié vendredi 14 février 2025.
Le drame survenu lors d’un mouvement de foule pendant un match de football à la gloire du chef de la junte au pouvoir à N’Zérékoré (sud-est) avait suscité stupeur et critiques envers les autorités dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Le bilan officiel faisait état de 56 morts mais était largement contesté par des organisations locales.
« Le stade était archi-comble au-delà de ses capacités d’accueil »
« C’est au cours de cet événement qu’un mouvement de foule, des jets de pierre et l’usage excessif des gaz lacrymogènes par les forces de défense et de sécurité, a conduit à une tragédie sans précédent dans la région », a indiqué le document.
Le rapport, rédigé par le collectif des organisations de défense des droits humains à N’Zérékoré, se base sur des observations, des témoignages de victimes, des organisateurs du tournoi, des forces de sécurité ou encore des autorités administratives. Des milliers de personnes s’étaient rassemblées dans le stade vétuste du 3-Avril pour assister au match entre l’équipe locale et celle de Labé.
« Le stade était archi-comble au-delà de ses capacités d’accueil », relève le rapport. Une décision arbitrale à la 83e minute en faveur de l’équipe de N’Zérékoré a entraîné la colère de certains supporters de l’équipe adverse. À partir de ce moment, plusieurs témoins rapportent des jets de pierre venus de l’extérieur de l’enceinte causant l’interruption du match et créant un mouvement de foule.
Du gaz lacrymogène à l’origine du mouvement de foule
« Dans ce climat de panique totale, les bousculades, l’escalade des murs ont commencé et la course des spectateurs vers l’une des grandes portes d’entrée ouverte du stade où étaient stationnés les pick-up de la police », décrit le document.
Le rapport dénonce l’usage de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre dans l’enceinte du stade « dans le but ultime de faciliter la sortie du stade des autorités administratives présentes. »
« C’est dans ce mouvement de foule énorme que plusieurs enfants, n’ayant pas les forces nécessaires pour se débattre, seront étouffés et piétinés par d’autres spectateurs », poursuit le rapport. Des photos publiées dans le rapport montrent des dizaines de corps sans vie alignés dans ce qui est présenté comme l’hôpital régional de N’Zérékoré où les personnes sans nouvelles de leurs proches se sont pressées.
Le document rappelle un contexte de « restrictions des libertés et droits fondamentaux » en Guinée et juge paradoxale la tenue des événements en soutien au régime au même moment que la junte militaire interdit les manifestations des forces vives et autres entités sociales. Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Ba, avait incriminé l’arbitrage et la mal-gouvernance et avait réfuté toute intention de dissimuler le nombre véritable de victimes.
Source: Ouest-France
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